02/12/2013

Il y a vingt ans, Michel Bernardini nous quittait

 

Michel Bernardini, instituteur, école

 

Le temps est impuissant à effacer le souvenir impérissable que Michel Bernardini a laissé chez tous ceux qui l’ont connu et aimé tout au long d’un parcours divers dominé par des secteurs qu’il a marqué de sa personnalité et de sa culture. Chacun se souvient de son humour souvent caustique mais toujours sous-tendu par un niveau culturel qui pouvait effrayer certains !

 

Tout d’abord son métier. Elève de l’Ecole Normale d’Instituteurs de Carcassonne pendant les années 50, il avait parfaitement fait siens les principes dispensés par ses maîtres, imprégnés de l’importance de la mission des « hussards noirs » de la République, chers à Charles Péguy. Il s’agissait d’instruire et d’éduquer les enfants du peuple afin qu’ils deviennent libres et autonomes dans leurs choix, de leur donner la curiosité et le goût d’apprendre, notamment par l’exemple.

Michel Bernardini mérite d’être considéré comme l’un de ces hussards.

A Pezens, ses anciens élèves, conscients de tout le bénéfice qu’ils avaient tiré de l’éducation qu’il dispensait, ont eu la très belle idée de donner son nom à l’école publique du village où il avait enseigné pendant plus de trente ans.

Voici une année, une plaque concrétisant cette initiative a été inaugurée sur le bâtiment et la foule émue des personnes présentes témoigne largement de la reconnaissance due à ce grand serviteur de l’école publique. Pendant ces trente années, Michel Bernardini a donné beaucoup, peut-être trop ( !), pour le prestige et la grandeur de son école.

 

Autre domaine où on le retrouve : la musique. Passionné de musique, Michel Bernardini était devenu un pianiste d’un très bon niveau, avant de se tourner vers l’apprentissage de l’accordéon, plus populaire, et sa réussite l’avait conduit à animer un groupe original dans la région.

Outre la pratique instrumentale sa connaissance des compositeurs et de leurs œuvres faisait de lui un érudit en la matière.

Il était incollable sur la vie et l’œuvre des compositeurs célèbres et moins célèbres et il était capable de donner de mémoire un grand nombre de dates sur la vie et l’œuvre de chacun d’eux.

 

Troisième domaine : le vélo. Une pratique rationnelle et assidue avait fait de lui un cycliste réputé dans le département et au-delà. Il avait participé à de nombreuses épreuves appréciées des cyclistes : plusieurs flèches, Paris-Brest-Paris, divers BCMF, etc. avant de se consacrer au Club des Cent Cols dont il avait été l’un des « pionniers » dans notre département.

Il a laissé son empreinte dans ce club qui regroupe des cyclistes du monde entier et chaque année, fin août, se déroule à sa mémoire une sortie en montagne intitulée « Souvenir Michel Bernardini ».

 

On le voit, il est exclu d’oublier si peu que ce soit une personnalité de cette dimension, ici trop rapidement évoquée, partie bien trop tôt, mais qui reste vivante chez tous ceux qui ont pu l’apprécier.

Je souhaite que ses proches trouvent ici l’expression de mon meilleur souvenir.

 

René Marty

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